Roger de Hauteville -Ruggero d'Altavilla en Latin : Rogerius de Altavilla (v. 1031 – 1101), dit le Bosso puis, le Grand Comte, est un aventurier normand du XIe siècle, conquérant
de la Sicile musulmane, il est à l'origine du futur royaume de Sicile.
Roger de Hauteville est le fils cadet de Tancrède de Hauteville (Rogerius Tancredi de Altavilla filius), un petit seigneur normand sans fortune de la région de Coutances, dans
l'ouest du duché de Normandie. Sa mère Frédésende, seconde épouse de Tancrède, passe parfois pour être une fille du duc Richard II de Normandie. Selon le chroniqueur Geoffroi Malaterra, d'origine
normande, Tancrède de Hauteville fait partie de la noblesse du duché sans être cependant l'un des principaux seigneurs. Selon la princesse byzantine Anne Comnène, les Hauteville sont d'origine
obscure.
Du Moyen Âge au XIXe siècle, on a voulu donner à la famille Hauteville d'illustres origines.
Selon l'historien italien Ptolémée de Lucques, Tancrède de Hauteville est un descendant du chef viking Rollon, 1er duc de Normandie, tandis que pour l'érudit sicilien Rocco Pirri, il est l'un des
fils du duc Richard II de Normandie ou de son frère Guillaume de Brionne, comte d'Hiémois. Le théologien danois Erik Pontoppidan, fait de Tancrède de Hauteville un fils du duc Richard III de
Normandie. Pour l'historien allemand Johann Christoph Gatterer, Tancrède est issu d'un proche parent de Rollon. Ces affirmations sans fondement, qui se contredisent entre elles, sont démenties
par les textes les plus sûrs et n'ont pour origine que la fantaisie de leurs auteurs.
Débuts en Italie
Roger de Hauteville quitte le duché de Normandie pour le sud de l'Italie dans les années 1050 (conventionnellement en 1057), accompagné de ses frères Godefroi, Mauger et Guillaume, ainsi que par
une petite troupe de parents et amis, dont Hugues de Grandmesnil, Raoul de Tosny et Robert Guitôt. Selon le chroniqueur Aimé de Montcassin, le jeune Roger arrive en Italie après la bataille de
Civitate (1053). Pour Geoffroi Malaterra, plus précis, il arrive après la mort de son frère aîné Onfroi (1057), 3e comte normand d'Apulie.
Conquête de la Sicile
Peu de temps après son arrivée en Italie, son frère aîné Robert Guiscard, 4e comte normand d'Apulie, préfère l'écarter, se méfiant probablement de son jeune et ambitieux frère. Roger est alors
dirigé avec sa bande en Calabre où il est chargé d'étouffer une révolte et d'y maintenir l'ordre. Il participe à la lutte contre les Byzantins d'Italie du Sud avant d'installer son quartier
général à Mileto en 1061.
La petite cité de Mileto sera jusqu'à sa mort 40 ans plus tard, sa résidence favorite. Guiscard, allié depuis 1059 à l'Église et à la Papauté, le nomme « comte de Sicile » en 1062. Roger peut dès
lors commencer au nom de la Papauté la conquête de la Sicile, alors sous domination musulmane, et surtout s'y tailler un fief : malgré la faiblesse numérique de son « armée » ou plutôt de sa
bande, il peut commencer à guerroyer dans l'île, quadrillée par de nombreuses forteresses musulmanes. La conquête, s'étalant sur 30 années, sera longue du fait du petit nombre de guerriers
normands, et difficile…
Après ces trente longues et difficiles années de guerre avec notamment les épisodes marquants de la prise de Messine (1061), le siège de Troina (1062), la bataille de Cerami (1063), la bataille
de Misilmeri, et la prise de Palerme en 1072, il libère enfin la Sicile de l'occupation musulmane avec la prise de Noto (1091).
Le Pape Urbain II se rend en Sicile, à Troina, pour ratifier ses actes ; mais nomme l’évêque de Troina son légat, Roger, emprisonne l’évêque, fait annuler au pape sa nomination. En 1098,
sous le prétexte d’avoir libéré la Sicile de l’Islam, il prend le titre de Grand Comte de Sicile et de Calabre ainsi que le titre de légat apostolique. Tous les évêques siciliens (sauf ceux de
Lipari, dont le diocèse est ultérieur) étaient directement nommés par le roi de Sicile.
A l’intolérance grandissante de l’Europe féodale, Roger pose les bases d’un état moderne. Il comprend très vite son intérêt à accepter les différentes cultures et traditions, grecques,
latines et arabes mais garde le contrôle sur toutes les richesses. Il « rechristianise » et « latinise » la Sicile et le Mezzogiorno devenus musulmans pendant plus de 200 ans.
Il fait venir des Français, des Anglais et des Lombards, pour repeupler ses terres à la suite des guerres, des famines et de l’expatriation des musulmans.
Avec lui la Sicile prend sa place en Occident et conserve ses liens avec l’Orient.
Roger fera également appel à de nombreux colons originaires de l'Italie du Nord pour repeupler les régions désertifiées d'une île ravagée par trente années de guerre, notamment dans la région
d'Enna et de Messine. Ces colons sont à l'origine du dialecte gallo-sicilien, qui a su se maintenir jusqu'à nos jours, grâce notamment à l'isolement géographique.
Roger, le « Grand Comte », meurt de causes naturelles le 22 juin 1101 dans son fief de Mileto en Calabre où il est inhumé. Son tombeau sera détruit par un tremblement de terre (A vérifier).
Le chroniqueur d'origine normande Geoffroi Malaterra, témoin contemporain des événements, nous dit de Roger :
« …Roger est un jeune homme de la plus grande beauté, robuste, de haute stature, de forme gracieuse, extrêmement éloquent, ayant beaucoup d'esprit et de facilité à s'exprimer (…). Toujours
affable, plein de gaieté, de force et de bravoure, sachant allier à ses qualités la sagesse et la prévoyance. Il est prévoyant dans toutes ses actions, amical et joyeux avec tous ses hommes, fort
et courageux, et sauvage dans la bataille (…). On ne pouvait lui reprocher qu'un désir immodéré de gloire et peut-être aussi un esprit d'insubordination qui le portait à s'entourer de ceux dont
le caractère se rapprochait du sien, et à les combler de bienfaits… ».
Il eut trois épouses qui lui donnèrent 15 enfants… dont le célèbre Roger de Sicile qui régna sur tout le sud de l’Italie, mourut à Palerme en 1154. Puis son fils Guillaume (dit le mauvais) devint
Roi de 1154 à 1166.
Si Guillaume hérite d'un royaume puissant et en pleine apogée, il semble mal préparé et son règne s'annonce difficile et tumultueux.
En effet, la majeure partie des barons normands contestent un pouvoir qu'ils jugent trop centralisé à leur goût, de la part de la cour royale palermitaine et
haïssent le personnage le plus puissant du royaume, l'« Émir des Émirs » Maion de Bari, qualifié par ses détracteurs de « diabolique », de « corrompu » et de « comploteur », ce qui n'est
peut-être pas complètement faux.
Les barons n'hésitent pas à s'allier aux Byzantins contre leur roi. Son titre de roi est d'ailleurs contesté par l’empereur byzantin Manuel Comnène, ennemi juré des
Normands qui espère encore conquérir l'Italie, ainsi que par le pape Adrien IV.
Description de Guillaume :
Guillaume mesurait près de 6 pieds, soit environ 1.82 mètres, plutôt grand pour un Homme du Moyen Âge, d'où sa réputation de colosse capable de soulever un cheval avec son cavalier.
Cependant, Guillaume, habitué à une vie oisive et peu attiré par la guerre, et souvent qualifié de « taciturne », d'« orgueilleux », d'« indolent », décide de prendre les devants; il pénètre sur
le continent, combat les Byzantins qu'il finit par expulser, soumet violemment les barons rebelles et assiège le pape Adrien IV dans Bénévent. Reconnu ensuite roi par ce dernier en 1156, il
devient alors un fidèle allié de la Papauté contre les menées de l’empereur germanique Frédéric Barberousse qui cherche à étendre son empire en Italie. Après avoir violemment rétabli un temps
l'ordre dans ses possessions, il tente de poursuivre la politique expansionniste, méditerranéenne et orientale de son père mais finit par perdre toutes les places fortes normandes d'Afrique du
Nord (sur l'actuelle côte tunisienne) et le dernier bastion normand d'Afrique, Mahdia, tombe dans les premiers jours de 1160: c'en est terminé de la Méditerranée normande.
En même temps, l'année 1160 marque un retour des troubles secouant le royaume normand : Maion de Bari est assassiné en novembre dans Palerme, victime d'un complot mené par
la noblesse dirigé par Mattéo Bonello. Des membres de la famille royale et des barons importants participent également aux troubles : Tancrède de Lecce, Roger Sclavo, Richard de Mandra,
Bohémond II de Manoppello, etc.….
Peu de temps après, au début du printemps 1161, Guillaume lui-même est capturé après une émeute à Palerme et emprisonné à l'instigation d'un complot de la part de barons rebelles. Son fils aîné
et héritier désigné, Roger, âgé de 9 ans, est placé brièvement sur le trône par les rebelles mais meurt peu après dans la cohue des évènements, tandis qu'un véritable pogrom antimusulman débute,
mettant ainsi fin à la tolérance normande en Sicile. Pierre le Caïd, Cancellais du royaume, préfère d'ailleurs quitter le royaume, remplacé par un jeune homme inexpérimenté, Étienne du
Perche.
La fin de sa vie, Guillaume, élevé à l'orientale et vivant comme un prince arabe, l'a passé essentiellement dans ses palais, partageant la majeure partie de son temps entre son harem et ses
somptueux jardins. Il meurt à Palerme de causes inconnues le 7 mai 1166. Il est âgé d'environ 40 ans. Avant de mourir, il avait nommé comme successeur son jeune fils Guillaume, encore un tout
jeune adolescent, lui laissant un royaume plus fragile qu'en 1154, à la mort du grand roi Roger.
Guillaume le Mauvais est à l'origine de plusieurs édifices dont le célèbre Palais de la Zisa à Palerme, assez bien conservé.
Du moyen-âge à l’âge moderne la ville se transforme avec les styles arabes et normands.
Dal Medioevo all'età moderna la città si trasforma dallo stile arabo, ed il stile normanno.

